Dominique
Peysson

Textes

 

Présentations en version pdf

 

Présentation : « L’Image-Matière »

 

Présentation : « Through the fold »

 

Présentation : « Matière programmable »

 

Présentation : « Le courage du chercheur-explorateur »

 

Présentation : « Nouvelles peaux - Monde de la mode »

 

Présentation : « Active materials in contemporary arts »

 

Résumé de thèse, soutenue le 10 décembre 2014

CE QUI NOUS TOUCHE, CE QUE NOUS TOUCHONS : LES MATÉRIAUX ÉMERGENTS A L’ÉPREUVE DE L’ART CONTEMPORAIN.

De nouvelles formes de rencontre des sensibilités entre l’homme et la matière.

« La matière émergente conçue aujourd’hui dans nos laboratoires est astucieusement efficace : les scientifiques s’inspirent des agencements « intelligents » que la matière vivante a optimisés au fil des générations, ou structurent l’infiniment petit pour atteindre des propriétés jusque là inimaginables. Alors qu’un art de l’immatériel s’est développé depuis le vingtième siècle, cette nouvelle matérialité renouvelle pour l’art contemporain sa manière d’aborder le très ancien couple hylémorphique matière/forme. L’artiste sculpte non pas la forme extérieure, mais les sous-structures internes de la matière, non pas l’objet mais ses propriétés. Prenant acte de son passage par le monde des idées, la matière se pose comme présence à la fois tangible et immatérielle, matière et matière grise. Une matière « qui a un poids, qui a un cœur », pour reprendre l’expression de Gaston Bachelard, et dont le toucher – de l’effleurement poétique à la tactilité contenante, de l’enlacement amoureux à l’écrasement destructeur – peut nous toucher au plus profond. Une substance performeuse, puisque performante et active, dont l’intense présence et la capacité d’étrangéisation du réel éveillent des sentiments esthétiques d’une grande richesse. Elle se fait responsive pour donner corps à des œuvres interactives d’un autre genre, avec lesquelles nous entrons en relation directement par le langage de la matière, sans passer par le numérique. Une matière à penser, puisque notre pensée est d’abord corporelle. Penser par exemple les limites de la matière, à l’aube de notre marche vers le vivant artificiel. »

 

Articles en ligne

Le nanomonde : une nouvelle « hétérotopie » ? Lire
[plastik. art & science], NUMÉRO #03 Nano, 11 février 2013.

 

Articles pour le blog OdnM

Observatoire des nouveaux media.

Cycle de conférences de l’ENSAD et de l’Université Paris 8

Dans les plis du récit. lire

Métabolisme de la foule. Ceci est un article 2.0. lire

Créer, en désirant ce qui advient.lire

Pisser vert, ou comment rendre visible le «mal propre».lire

Battre les cartes, ou la mise en relation de deux territoires. lire

Masaki Fujihata ne met pas ses deux pieds d’orchidées dans le même sabot. lire

La pesanteur, l’apesanteur et la grace.lire

Multitude d’annotations. lire

 

Autres

Couleur Métal

La soupe qui bout travaille en sourdine derrière. Le temps s’arrête, un instant. Il fait bon. La nuit noire et du blanc, devant ; du blanc, lentement, se pose et s’épaissi.Elle ne distingue pas précisément les bâtiments. Des formes molles, un peu plus loin, immobiles d’abord, passent ensuite lentement tout près d’elle, éclairent la vitre pour quelques instants sur toute sa surface, puis disparaissent dans un noir froid et visqueux. Lentement, d’abord à l’avant puis d’un coup sur toute la surface à nouveau, une autre lumière rejoint la nuit, et c’est le noir. Un temps. Encore, la lumière plein feu, puis s’étire, puis rien. Intervalle. Le temps est balayé par le bruit des essuie glaces, qui trainent et fatiguent. Le halo diffus d’une vitrine se stabilise. Une pause qui s’allonge et fixe les lumières. Le temps s’épaissi. Le rouge du feu se multiplie et marque les gouttes d’un point indécis mais précis. Des cercles concentriques se superposent. Une goutte sur le pare-brise cherche avec peine son chemin vers le bas, en lutte contre la force qu’exerce sur elle le verre. Autour : les autres, couleur métal, tentent de se joindre. Les cheveux contre la vitre effacent un peu et ouvrent sur du noir.Il faut s’abriter sous une feuille. La pluie tombe. Le poids des gouttes se fait de plus en plus dur. C’est étrange, maintenant on ne voit plus les rives. L’eau s’étend. Couleur gris métal qui s’épaissi sur la surface. Un insecte rebondi sous les gouttes. Quelque chose sur les feuilles qui flottent sur la surface sans cesse les fatiguent. Sous les feuilles se déroulent les tiges des plantes hydrophiles - Hydrophile se dit d’une plante qui est fécondée par du pollen transporté par l’eau. Sous l’eau, les fleurs hydrogames laissent le courant qui file les aimer. Emportées. Le plus fort est passé. Un temps. Doucement, puis rien. Des gouttes, précises, s’écoulent. Les feuillent perdent leur élan, la vapeur d’eau s’étire, puis se pose.Elle continue avec son doigt le dessin sur la buée du miroir et se voit par lignes au travers du tracé qu’elle refait, pareil, juste : son doigt est un peu plus épais, pareil à celui qu’elle faisait quand elle était enfant, juste : son trait est moins imprécis, trop sûr, les traits de son visage, qu’elle voit par lignes dans le miroir, ses traits eux sont plus lourds qu’autrefois.Elle est assise à l’arrière. Elle ne voit plus la rue, interminable, mais d’évanescentes apparitions qui dérivent avec lenteur, s’étirent puis disparaissent brusquement. Elle met son doigt sur la vitre, efface un peu pour voir parce qu’elle croit avoir reconnu quelqu’un. Elle voit qu’elle ne voit rien, il fait noir. Une goutte a marqué la place. Le tiroir n’est pas facile à ouvrir, très large et il lui faut reculer, rentrer le ventre, pour lui laisser la place. Dedans il y a les trésors de la cuisine : des élastiques, bouchons de liège, ustensiles aux manches rouges vif qui coupent et râpent, achetés à l’étalage, au marché. Plein de cure dents qui se sont faufilés partout et dégringolent. La soupe qui bout continue à bouillir. Les vitres, devenues blanches, la protègent. Elle réfléchi, et finalement sort le tire-bouchon, un couteau plat et une petite fourchette aux dents désaccordées. Elle les dispose sur la table, et commence son histoire.